lundi 2 mai 2016

#Onceamonth n°1604


On va vous faire une fleur et faire beaucoup plus court que le dernier article, même si on insiste à vous conseiller de le lire avec un nouveau titre dédié à James Brown réalisé par le talentueux Romare. Des fleurs on ira aussi en cracher sur les tombes des disparus du mois qui complètent la terrible hécatombe de 2016: dans le désordre Prince, Gato Barbieri, Billy Paul, Papa Wemba et Leon Haywood! Ils sont tous les cinq, arrangés à la sauce Editcoverremix, au casting de ce #onceamonth qui se présente tel un bouquet multicolore qui chatouille votre ouïe. Succombez au parfum enivrant des Jonquilles et voyagez dans les genres (grosse session pop en fin de trip pour les amateurs) les sens grands tout verts (c'est le printemps!).

Le mix:


La playlist:
001. #Romare - James [Uh!]
002. #PapaWemba - Charassino #JosephMancino Remix [YaDlaRumbaDansLair]
003. #TheoParrish - Walking Thru The Sky #ATW Edit [AuRevoirLàHaut]
004. #GatoBarbieri - I Want You #Wills Edit [Saxy]
005. #KeorMeteor - Enslaved*[BeatIt]
006. #TapemanNø1 - Melting Potman [TasLeBonjourDHector&TheMalcouns]
007. #LadyFunk - Ando y Dando Loop Extended [BombeLatine]
008. #EliaYElisabeth - Descripcion #Souleance Rework [TapasALaModeDeCaen]
009. #HardworkMovement - 80's [SampleQuiTue]
010. #SaltNPepa - Shoop #CasualConnection Rework [BackToTheBasics]
011. #DjFreedance - #LéonHaywood Sans Weed..! @AtHome [GrosBazar]
012. #G.Love&SpecialSauce - Who's Got The Weed #SLY '420' Edit [GreenPower]
013. #BillyPaul - We All Got A Mission #RamseyHercules Edit [IsItSoulEnoughForYou]
014. #AaronAbernathy - Now A Days [ComplètementSoul]
015. #PeopleUnderTheStairs - Graffiti On A High School Wall [BackInFunk]
016. #BeatMatazz - Dedicated Inspiration feat. #Tilö [GentimentEnervé]
018. #CarlosLoarteFlores - El Viaje De Ishum [Interludo]
019. #L.BoyJr - The Cornish Coast [LeWuEnIrlande]
020. #LeServeur - Jonquilles [ChantDeFleurs]
021. #LaureBriard - Laure [FleurDuChant]
022. #ThomasSubiranin - Heavy [PopPopPop]
023. #GaBLé - Tropicool [CoolCoolCool]
024. #Yacht - Annie Christian #Prince Cover [LePetitPrince]
025. #LivioMosca - Les Croques-Mort [BuffetFroid]

*trop tard!

mardi 19 avril 2016

James Brown, parrain de l'âme (Tributlations)


 #Tributlations

J'hésite...dois-je vraiment vous raconter comment je suis arrivé à aimer James Brown? Tant pis, j'assume ; après tout, la passion pour la musique, c'est comme tous les savoirs, ça ne se fait pas en un claquement de doigts, personne n'est né digger de goût, fondu du jazz de l'année 1956 ou spécialiste éclairé des origines du hip hop: on ne naît pas mélomaniaque, on le devient! (merci Simone).

Comme ça risque d'être un poil égo-centré et honteux vous pouvez éviter le premier pavé de texte trop cuit, gentiment cliquer sur play sur le lecteur ci-dessous et passer directement à la petite présentation traditionnelle de la compil'...et du podcast de notre cher Petit Bazar!



James Brown et toile cirée!
Sex Machine, Rocky IV et Cloclo...c'est pendant (trop) longtemps ce que représentait James Brown pour moi. La première fois que j'ai entendu James Brown, ça devait être en voiture avec mes parents sur France Bleue Loire Océan, très certainement avec ce "Sex Machine" que j'étais toujours un peu honteux d'entendre, comme quand on tombait, en famille, sur les clips de Sabrina ou de Guesch Patti au Top50 (oui, j'ai grandi dans les années 1980). La barrière était telle entre cette chanson que je qualifierai de pornographique pour mon âge à l'époque et l'autre hit de James Brown qui hantait les ondes des dimanche matins sur les routes des Pays de la Loire, que j'ai mis un certain temps avant de comprendre que c'était le même garçon qui chantait "It's a Man's Man's Man's World" si sirupeux et messianique et que j'écoutais (attention, honte suprême) sur une compil' offerte par le Club Dial (les vrais savent)! Ensuite vers 7 ou 8 ans, il y a eu Rocky IV et son incroyable scène d'ouverture du combat qui voit le champion Apollo (joli clin d'oeil au passage) Creed s'effondrer lamentablement devant la puissance froide du bon soldat soviétique Drako après un show mené par un vieux beau transpirant dans son costume à paillettes trop serré et qui incarne alors à mes yeux toute l'arrogance américaine. Non content de voir le champion US s'effondrer sur le ring, j'apprenais presque en même temps, que le pantin hurlant et gominé qui hurlait, très ironiquement selon moi, 'Living in America', avait inspiré notre Claude François (bi)national pour ses chorégraphies et notamment son Mashed Potatoes (bizarrement ce spécialiste des covers ne semble pas s'être attaqué à l'immense répertoire du Parrain, trop de respect?). Cela confortait en moi l'idée fausse que ce James Brown n'était sans doute rien d'autre qu'une sorte de Johnny noir américain...ah les erreurs de jeunesse (pour ma défense James Brown s'est vu traiter de "clown" et "bouffon" quand en 1972 il a eu l'idée saugrenue de soutenir Nixon dans la course à la Maison Blanche)! Heureusement j'ai grandi et appris! En plongeant dans le hip-hop et ses influences jazz et funk j'ai rapidement compris que James Brown n'était pas qu'un vieux pantin plein de sueur et sa place dans mon Panthéon personnel allait bientôt grimper en flèche avec la découverte du film blaxploitation par excellence, Black Caesar et de sa terrible BO aux faux airs autobiographiques (c'est d'ailleurs ce film sorti en 1973 qui a offert son surnom de Godfather Of Soul à James via le Dj new-yorkais Roky G.), qui me fit par ailleurs découvrir l'original du générique d'une de mes émissions culte du moment (on est à la toute fin des années 1990) le Party People de Dj Pharoah diffusé le mardi soir sur Jet FM (92fm dans la région nantaise) qui n'a pas peu contribué à ma formation soul-funk et je l'en remercie officiellement ici (voyez de quel marasme il m'a sorti!). Enfin, il y a cette compilation Rare Grooves signée Blue Note, "Say It Loud!", où figure une incroyable cover du titre le plus Black Power de Mr Brown, signé Lou Donaldson qui donnerait à n'importe quel raciste de base l'envie de chanter à tue-tête qu'il est fier d'être noir! Depuis on s'évertue à compléter notre collection glanant un 45t par-ci, un cd par là pour donner la place que mérite le Soul Brother n°1 dans notre discothèque.



James fait le mur à Brighton, UK
Pharaonesque!  Face à tous les superlatifs et excès qui gravitent autour du nom magique, quasi mystique lorsqu'il est scandé sur disque ou sur scène, de James Brown, difficile de faire original sans tomber dans la redite ou l'extravagance. Du coup on a choisi l'extravagance! On pourrait parler de "figure universelle" ou de "destin du XXè siècle" comme les Inrocks mais cela a déjà été fait et cela ne nous semble pas vraiment suffisant pour définir la stature extraordinaire du Godather. Et pourtant, James Brown apparaît bien comme le roi des rois (il fait la majeure partie de sa carrière sur le label King), de la terre et du ciel, chargé d'assurer l'harmonie entre les hommes et les dieux, de combattre le mal en endossant les rôles de prêtre suprême (son passé gospel), nourricier (la musique comme nourriture de l'âme et de l'esprit), guerrier ("say it loud" qu'il disait) et législateur (il a inscrit dans la cire noire les codes de la soul et du funk, rien de moins!). Reprenons ces fonctions dans l'ordre. Prêtre suprême: né le 3 mai 1933 dans un trou paumé de Géorgie, le petit James est comme un lionceau en guenilles dans la cage de l'Amérique ségrégationniste. Comme beaucoup d'enfants de son époque il vit de débrouille et de petits boulots moins reluisants que les pompes qu'il cire dans la rue, dans un dénuement extrême et sans jamais se plaindre. Il faut dire qu'il a pour lui, et qu'il en est tout à fait conscient, un talent vocal déjà remarqué qui lui vaut rapidement le surnom (déjà ce goût pour les titulatures qui en imposent) de Music Box. Après s'être échauffé le long des trottoirs pour attirer les clients des maisons de passe d'Augusta, c'est dans les chorales gospel qu'il fait ses premières expériences scéniques magnétiques, qui seront marquées d'une pierre noire par ses lives à l'Apollo d'Harlem, et que sa voix fusionne avec celle du divin dans une mission qui consiste à transcender les foules évangélistes du dimanche. Si le jeune James n'est pas un saint (il est condamné, pour la première fois, à 16 ans de travaux forcés en 1949 pour recel...mais sa bonne étoile n'étant jamais loin, c'est dans les geôles de Toccoa qu'il rencontrera l'incontournable Bobby Byrd, premier et plus solide pilier du système Brown) sa relation avec Dieu le Père est quasi-charnelle: comment ne pas entendre de message messianique dans les premiers hits du Soul Brother Number One que sont Please, Please, Please (1956), Try Me (1957) et même, un peu plus tard, It's A Man's Man's Man's World (1966) ; autant de prières laïques, à la puissance incantatoire sans pareil; qui s'accompagnent de rituels aux tendances chamaniques: un "Uh!" explosif et charnel, la cérémonie de la cape qui fait office de linceul sacré à paillettes, sa danse frénétique dans laquelle chaque geste sert en réalité à guider l'orchestre. Il ira même jusqu'à jouer le rôle sur mesure du révérend Cleophus James dans le film The Blues Brother en 1980. Le prêtre suprême est évidemment accompagné de son clergé, ses musiciens, auxquels il impose une discipline stricte et un dévouement total au maître ; on croirait voir une armée de moines shaolins dopés à la soul et au funk (toute autre drogue est prohibée, chaque retard est pénalisé d'une lourde amende et toute tentative de rébellion punie d'un méchant retour de bâton). Parmi eux viendront tour à tour des noms aussi illustres que Maceo Parker, Bootsy Collins, Bernard Purdie, Alfred "Pee Wee" Ellis, Fred Wesley ou Hank Ballard sans oublier les amazones telles Vicky Anderson, Martha High, Lyn Collins et Marva Whitney, qui ont tous et toutes, par la suite, tenté de poursuivre l’œuvre du général Brown.
JB descendant de Houni?
Car si James Brown est un pacifiste voire pacificateur dans la lignée du Docteur King, c'est aussi un soldat de la cause noire qui sait user des armes qu'il manie la mieux, le rythme et le chant, pour conquérir l'Amérique puis le monde, voire plus si affinités. Son unique objectif est la conquête du public pour assoir une suprématie qui ne souffrirait d'aucune contestation. A coup de cuivres incendiaires, de rafales de rifs électrisants et décharges vocales surpuissantes, le soldat Brown arrose la foule de moments d'anthologie sachant s'adapter à tous les terrains musicaux, finissant par rassembler sous sa bannière impériale les deux entités rivales de cette Amérique qu'il aime tant et qu'il a chanté dans Living In America, on l'a déjà dit, mais surtout dans Hey America et America Is My Home (qui pour certains préfigure le rap) comme le pharaon avait unifié en son temps les deux Égypte. Le moment phare de ce patriotisme rassembleur semble se trouver du côté du Vietnam lors d'une tournée en l'honneur des GI's en 1968 lors de laquelle, dit-on, s'instaurait un cessez-le-feu pour permettre aux ennemis Vietcongs de profiter eux aussi, dans la chaleur infernale des tropiques, de la bonne parole et des rythmes de pacification massive du Capitaine Brown et ses JB's. Non contents d'avoir convaincu les soldats blancs au cœur du bourbier vietnamien, il signe en revenant le plus vindicatif de ses morceaux, Say It Loud, I'm Black & Proud, qui lui valent la reconnaissance des soldats activistes noirs qui lèvent le poing ou les armes sur le bitume des ghettos de la mère patrie. Guerrier, il est encore quand en 1974, alors que tout s'effondre plus ou moins brutalement autour de lui (il est rattrapé par la patrouille du fisc pour un lourd arriéré d'impôts, il est accusé d'avoir corrompus les Dj de radios en les payant pour qu'ils diffusent massivement ses titres et surtout il voit son fidèle bras-droit, Bobby Byrd, claquer la porte) il sort The Payback incarnation d'un funk de combat qui marque l'apogée (donc le début du déclin) du rayonnement du pharaon Brown sur la planète groove.
James est un soldat généreux qui n'a de cesse de nourrir son public grâce une activité musicale quasi industrielle qui lui vaut le surnom, encore un, de Hardest Working-Man In Show Business, et des rentrées d'argent non négligeables (en 1976, il touche 8$ par minute, rien qu'en droits d'auteurs!). Dans les meilleurs années, comme en 1968, le système Brown, ce n'est rien de moins que 8 albums, 14 singles et 400 concerts! Cette hystérie productive, en fait un stakhanoviste du capitalisme made in USA, devenu un instant "le noir le plus influent d'Amérique" avec ses concepts usés jusqu'au bout de la bande (tapez [popcorn + james brow] sur Google pour mieux comprendre), en dépassant les limites de durée auditives autorisées (les 8 minutes de Get It Together...) ses radios et sa chaîne de fast-foods (nourrir les oreilles c'est bien, nourrir les estomacs c'est mieux...pour le porte-monnaie). James Brown offre une discographie démentielle et un tsunami de tubes qu'on ne se lasse pas de découvrir encore aujourd'hui, comme ce magnifique Soul With Different Notes délicieusement jazz (quelle meilleure nourriture?), à faire fondre n'importe qui dans un océan de bonheur auditif. Un dévouement total, jusqu'à la dernière goutte de sueur, qui frôlera le kitsch et la ringardise dans les dernières années, s'accompagne d'un message fort, qu'on pourrait résumer par Mind Power, et d'actions bienfaitrices sincères (distributions de nourriture et de cadeaux, sous les traits du Père Noël, campagne pour la scolarisation, etc...). Le nourricier est partageur et veut faire de son succès un modèle du rêve américain en unifiant deux sociétés qui le détestent presque autant qu'elles l'adulent.
La momie et le pharaon
Mais comment ne pas aduler cet insatiable créateur? Un révolutionnaire venu de nulle part qui à profondément modifier la façon de faire et d'écouter le disque et la scène, et qui continue, dix après sa mort d'influencer, à divers degrés et avec plus ou moins de réussite, je veux bien vous l'accorder, tous les producteurs de musique. Solitaire dans l'âme James Brown à pu jouir d'une liberté que ses concurrents à la couronne (Curtis Mayfiled, Isaac Hayes, Marvin Gaye) souvent prisonniers des machines Stax ou Motown, n'ont pas toujours pu apprécier. Finalement, on ne connaît que peu de maîtres à James Brown, qui tel Akhenathon (le pharaon Aménophis IV) ne jure que par lui-même et entend marqué profondément le monde de son empreinte. Ah si, il y a Little Richard qu'il rencontra de façon aussi culottée que décisive en 1955 (la fameuse anecdote est très bien racontée dans le film et la scène se trouve dans la playlist Youtube ci-dessous) et on ne peut pas s'empêcher d'imaginer une intervention divine quand quelques années plus tard, l'auteur de Tutti Fruti décida de consacrer sa vie à Dieu et de laisser la route vers la gloire totalement libre au futur King Of Soul. Réinventeur de la danse, roi incontestable de la Soul, créateur du Funk, parrain du Hip Hop, c'est en se nourrissant de toute les influences et en les transformant en une énergie unique que James Brown a posé une empreinte si profonde, peut-être sans équivalent, dans le monde de la musique. Deux titres pour s'en persuader. Cold Sweat d'abord et sa mise en pratique du "One", cette fameuse accentuation du premier temps, qu'on laissera d'autres vous expliquer mieux que nous, mais qui sert de pierre philosophale de tous les genres à venir. A sa sortie en 1967, le titre met les mélomanes à genoux et fait s'interroger tous les acteurs du monde musicale, jusqu'à Miles Davis! James Brown est le One et rien ne semble pouvoir l'arrêter si ce n'est le terrible disco (il prend le surnom d'Original Disco Man mais trop tard, car en 1979, le mouvement "Disco Sucks" a déjà démarré) et son égocentrisme exacerbé (la bien triste querelle autour de Hot! qui pompe littéralement et illégalement le Fame de Bowie en 1976). Heureusement, alors que son corps s'enfonce un peu dans le kitsch et la variet, l'esprit du Parrain va explosé à la face du monde distillé à foison dans l'aventure Hip Hop qui démarre tout juste mais qui puisse une partie de son essence dans l’œuvre de James Brown. Le second morceau c'est Funky Drummer, certainement le plus beau monument, la pyramide de Kheops, du courant musical le plus influent de la fin du XXème siècle (Tu contestes? Prépare ton testament gars!). Sortie en 45 tours seulement en 69 sur Kings, il sort pour la première fois album en 1986 sur le mythique, le site de Gizeh, In The Jungle Groove. Toute la magie réside dans le riff de batterie de 10 secondes de Clyde Stubbelefield (ah les droits d'auteurs non payés, ça ne date pas vraiment d'Internet on dirait) samplé un nombre incalculable de fois ensuite par tous les producteurs de la planète qui se plongent dans la discographie du Maître comme des fourmis sur un cerisier en fleurs: à la fin des années 1980 plus de 2000 titres étaient estampillés d'un sample piqué "godfather of soul"! James Brown aussi est considéré comme le père du rap (l'un des, faut pas pousser hein, on vous reparlera de Gil Scot-Heron, pour ne citer que lui, dans un futur #Tributlations) avec le magnifique King Heroin et l'inspirateur du breakdance avec le morceau Get On The Good Foot, sans oublier ses propres expériences, finalement plutôt honorables, avec Afrikaa Bambaataa sur Unity (1984) ou The Brooklyn Full Force pour l'album Static! (1988) qu'on vous conseille vivement de (re)découvrir. Encore omniprésent, 10 ans après son décès, un 25 décembre, comme tout fils de Dieu qui se respecte disent les légendes, James Brown apparaît comme un surhomme, qui synthétise dans son corps et son âme, par son chant et son One, toutes les plus grandes icônes du XXème siècle.

"James Brown est LA FONDATION./Beat/Bass/Guitares rythmiques./ James Brown est LE MOUVEMENT./ Danse/Sueur/Transe./ James Brown est L'ENGAGEMENT./ Verbe/Musique/Vie."
DJ MEHDI

La playlist Youtube qui recense les titres originaux cités dans l'article :


Parlons, un peu et enfin, de la compilation qui, comme les autres tributes Petit Bazar+Free&Legal, se situe entre rétropiratage et piratage rétro. Dans un gloubi boulga de mashups, remixes, edits, covers et autre redirections, on tente de rendre hommage au Parrain et son héritage. Le hip hop est particulièrement bien représenté avec les plus grands MCs au rendez-vous, le jazz avec Ain't It Funky Now, cette longue et hypnotisante rencontre (la version originale de l'edit d'Onur Engin fait 14 minutes) entre James Brown et Grant Green, le gospel avec la chorale des élèves de Nancy Dupree (merci Moi J'Connais Records!), l'Afrique avec la présence discrète de Fela Kuti et surtout la reprise de In The Middle par Orlando Julius & The Heliocentrics, jadis offerte par le label Strut, la pop avec les frapadingues de Soundforce et les NRJisés Black Eyed Peas. Une confrontation des genres mêlés dans le groove sensuel de Monsieur Jean Marron qui se prolonge juste en dessous avec une heure de petit Bazar Electro concoctée avec amour par Alex!

Playlist (tu cliques sur le titre et tu as le lien de téléchargement):
001. Soul Professa - Intro [James Brown Changed My Life]
002. James Brown - The Boss [Adski Edit]
003. James Brown - Give It Up Turn It Loose [The Reflex Edit]*
004. Mystikal vs. James Brown - Hit Me [Rhythm Scholar Megafunk Remix]
005. James Brown - I'm Shook [Sans Groove Edit]
006. Soundforce - James Brown's Pompe A Vélo
007. James Brown vs Kool & The Gang vs Eric B & Rakim - I Need Help [Serge Gamesbourg No Omega Rework]
008. Joe Tournedisque - Tribute To James - Interlude
009. The Illmatics feat. James Brown - Get Up And Get Down [Soul Mates Remix]
010. ATCQ - Can I Kick It [King Most Redirection]
011. Black Eyed Peas & James Brown - They Dont Want Music [SP Edit]
012. James Brown vs. Grant Green - Ain't It Funky Now [Onur Engin Edit]*
013. Orlando Julius & The Heliocentrics - In The Middle*
014. Nancy Dupree - James Brown
015. James Brown - Mind Power [SonSeez Edit]
016. Great Scott - I Need Some Money
017. James Brown vs. Dead Prez - I Feel Good With This Hip Hop [Basement Freaks Mash Up]
018. James Brown - Talkin Loud Sayin Nothin [PTJ Refix]

Et le podcast? Comme à chaque fois qu'Alex nous convie à la playlist, on le laisse se débrouiller avec un gros dossier et chacun de notre côté on compose notre playlist. Comme on a plus ou moins les mêmes goûts et tocs musicaux et qu'en plus j'étais présent dans les studios ce dimanche de printemps, il se trouve que nos sélections sont, comme souvent, assez proches l'une de l'autre: ça fait souvent ça quand les grands esprits se rencontrent! On vous laisse donc retrouver les titres joués en commun et on vous donne ici les liens des autres titres Free&Legal de ce Petit Bazar qui sent la sueur, le stupre et le divin groovalistique (science de l'impact du groove qui est trop d'la balle comme on disait jadis): Cee-Roo (album "Memories"), The Rebel*, un autre Soul Professa, Copycat*, une belle (voix) inconnue qui rappe et chante sur "Get Down" (si vous la reconnaissez on est preneur de l'info), un disco remix signé UOA, AfroQBen et Mochipet! Presque de quoi faire un numéro 2...
Bien sûr, comme le père Ruiz est têtu et qu'il veut toujours laisser sa trace personnelle, il nous a calé des inserts de feu, le trailer du film "Get On Up" consacré au grand JB (avec Chadwick Boseman dans le rôle titre) et "Unchained" cet improbable featuring avec 2Pac, extrait de la B.O. du Django de Tarantino! Hors sujet mais démentiel alors on le pardonne...comme tout bon invité qui sait se tenir chez son hôte!



Version téléchargeable: https://hearthis.at/tk9qzvc7/le-petit-bazar-electro-james-brown-dynamite-ta-soul-en-fl-100416/

Pour conclure cette bafouille bien trop longue et ces deux grosses heures de musique, on se repose le cerveau et écarquille les yeux devant cette magnifique mise en images d'une des plus belles prières du divin James, porte-parole incontestable de l'homme commun depuis les cieux:


*Vous le savez ou vous l'avez su, ces titres ne sont plus en libre téléchargement, désolé!

PS: une fois n'est pas coutume nous remercions ici Les Inrocks pour leur numéro Hors Série "James Brown" paru en 2007 et qui nous a bien servi pour rédiger la bio.

PS2: apparemment notre initiative a fait des émules et déjà Romare, Rem La Luciole et George T. se placent pour le deuxième volume...les malins!

samedi 9 avril 2016

Radio Krimi x Free&Legal - Worlwide Airlines - Flight003: Améfrique


#WorldwideAirlines

Voici que la première trilogie des Worldwide Airlines s'achève avec un épisode façon transatlantique, qui démarre en Afrique pour se terminer au Brésil en passant comme souvent jusqu'alors par les Caraïbes et les Andes. Au rayon nouveautés et amélioration du show que nous permettent de diffuser les copains de Radio Krimi on notera l'apparition de notre premier générique basé sur "La fête des deux avions" de Monsieur François de Roubaix (il est téléchargeable ici si ça vous intéresse: https://soundcloud.com/freeandlegal/generique-worldwide-airlines-radio-krimi-v3 ) et notre premier mash-up (enfin on a juste collé deux fois le même acapella sur un morceau instrumental) rendu possible grâce à deux productions de l'incroyable catalogue de Spiritual Life Music où l'on croise notamment Ola Jagun et Jephté Guillaume, associés pour l'occasion. Sur le fond, la philosophie et l'ambiance ne changent pas: une sélection de titres des quatre coins du monde, en free download, et destinée à te faire bouger la tête, les mains et les fesses...voire les orteils pour ceux qui ne souffriraient pas de problèmes de coordination! Encore merci à Seb et à toute la team Krimi, aux artistes et aux labels également, c'est évident. Enjoy, share & buy music! 

Radio Krimi on air: http://radiokrimi.com/

Le mix:


La playlist (cliquez sur le titre pour obtenir le lien de téléchargement):
001. Ola Jagun & His Ancestral Rhythms - Drums of Afrika x Jephté Guillaume - The Prayer Akapele
002. L.Boy Jr - FeflaHAmra
003. Ozferti - Mahmoud
004. Issa Juma - Utalia Na Nani (Umoja edit)
005. The Black Souls - Baki Mutane Nakuka (Black People Crying) (Karim THC Edit)*
006. Majid Bekkas - African Blues (Luca Musto Remix)
007. Jephté Guillaume - Ibo Degi
008. Sonido Mamalon  feat. Cynthia Franco - La Cumbia Del Pregonero
009. Flaco Nunez feat. Moresounds & Charlotte Meas - Cumbia Hasta La Tumba
010. Flaco Nunez feat. Moresounds - Zig Zag
011. Dj MackBoogaloo - Voodoo Love in the Mystic Air
012. Havana Cultura - Agita (Mr Bird's Afro Space Remix)
013. Lascivio Bohemia x Dengue Denge Dengue x De la Soul & Sean Paul - Shoomp Snake Ska
014. Balkan Riddims - Biri Bomb Bomb Hammond Classics Remix
015. DJ Vadim - No No No feat. Katrina Blackstone
016. Ba-Boom feat. Jimmy Luv - BamBam
017. Dj Seduce presents Clara Valente - Mil Coisas
018. IFA Afrobeat + Okwei V. Odili - Axé!
019. BNegão & Seletores de Frequência - No Momento (100%)
020. BNegão & Seletores de Frequência - Ago
021. Dubben - Karameller (George T Edit)

*trop tard!

vendredi 1 avril 2016

#Onceamonth n°1603

 

La musique ça reste quand même le meilleur moyen de s"évader pour pas cher (surtout chez nous) et parfois très très loin. Ici pas de low coast ni de classe affaire, tout le monde est logé à la même enseigne, celle du partage et du kiffage. Tu peux profiter de cette nouvelle sélection dans ta caisse pour faire sauter les bouchons, avachi dans ton canap' en bouffant des chips, sur une plage de sable blanc un rhum à la main, pendant ton inutile footing pour te sentir moins seul (je ne juge pas, je ne comprends pas c'est tout), sur les pistes de ski s'il y a encore un peu de neige... Pas besoin de carte ou de radar, il suffit de laisser votre curiosité faire le boulot, sans oeillère ni barrière comme on aime à le dire pour plonger à oreilles perdues dans ces 80 minutes (environ on ne va pas chipoter) d'ondulations musicales venues des quatre coins de la planète. Des breaks à gogo, des beats au sirop, du hip hop qui tâche façon rock psychédélique, funky québécois ou tendance jazzifiante,  du funk plus ou moins torturé, de la chanson française de qualité, une pointe de dub et de l'électronique cotonneuse: avec tout ça vous finirez bien par trouver votre voie. 

Encore un immense merci aux artistes et labels qui offrent leur musique, n'oubliez pas d'en acheter pour les remercier! (on devrait bientôt vous proposer l'expertise d'un conseiller pour dépenser intelligemment votre argent...)

Enjoy & share!

Le mix:


Version téléchargeable: https://hearthis.at/tk9qzvc7/onceamonth-1603/

La playlist:
001. #AllGoodFunkAlliance & #CasualConnection - Buggin-A Tribute to #PhifeDawg (LeRIPDuMois)
002. #BandaBlackPapa - Em Nome De Deus (Paradisiaque)
003. #JoeLeTournedisque - Le Grand Bordel Interlude (BigBazar)
004. #RBV - Favela (QuébecEnForce)
005. #BasementFreaks - Little Red Afro-Tribute to #JonH feat. #MustafaAkbar (FunkyBlues)
006. #TheBrothersNylon - Shove It In My Mouth (RoteTheGroove)
007. #BlackMilk & #NatTurner - The Rebel (JazzIsTheMatriceHipHopTheCulture)
008. #NyckCaution - Density (LesFleursBleues)
009. #Systemaddict - Just An Addict (ScratchMyJazz)
010. #ModernTrashQuartett - Sun Disturbance (DuSoleilDansLesOreilles)*
011. #Oudies - I Want! (BonAnniversaire)
012. #ReedFlavor - Fist Full feat. #SoulsOfMischief (OpérationCoupDePoing)
013. #AverageRapBand - Good Dudes (HiPopAustral)
014. #Nilsson - Coconut #UFe Refix (AlerteAMalibu)
015. #Art-X & #TheRootsAddict - Steppin It (LOmbreDAugustus)
016. #Ozferti - Super Biton (BurkinaBelge)
017. #FumaçaPreta - Baldonero (SoundRocksWayInBrazil)
018. #HYAH! - Yo It's Yesturdee (LostInTime)
019. #MaudOctallinn - Pauvre Gasc (LaNostalgieCamarade)
020. #KunaMaze - Sith #Sorg Remix (CascadeElectriQio)
021. #Newstalgia - Day One (ReGenesis)
022. #KevLaKat - Mosure (Délicatesselectro)
023. #SavagesYSuefo - Tequila Man Instrumental Demo (Paf!Man)
024. #ReedFlavor - 9,8,7,6,5,4,3,2,1 (ResistanMinzPuissance3)
025. #Spectateur - Bipolar Every Days (AbstractIsBackNewEpisode)
026. #MoemawNaedon & #BillyHoyle - Travel Through(HorsDeLaSurface)

*: trop tard!

mardi 29 mars 2016

Calico Galaxy & Ranikade3 - Les Frères Nylon (Tributlations)


#Tributlations

Connaissez vous les jumeaux Rufolo? Il y a Nick aka Calico Galaxy et Michael aka Ranikade3. Ce sont les deux héros de ce premier volet de la saga des #Tributlations (néologisme franco-angliciste formé de tribute et tribulations, pour la promesse d'une immersion totale et plus ou moins débridée dans l'univers d'un artiste) consacré à ceux que l'on nomme à l'occasion les Frères Nylon, en anglais dans le texte, véritables Aventuriers du Groove Perdu! Une fois n'est pas coutume on vous met le mix en introduction pour que vos oreilles accompagnent vos yeux dans la découverte des deux frangins ; on se retrouve un peu plus bas pour la playlist.



Ma légende dirait que les des deux frangins sont nés dans un studio et n'en sont jamais sortis (si ce n'est pour diffuser la bonne musique en concert) dans l'unique but d'accomplir leur destin, leur sacerdoce, faire vire le groove perdu, celui qui hante les galettes noires de leur paternel ou les posters des murs du dit studio, des influences certaines sur lesquelles on reviendra plus bas. Originaires de New York, Nick et Michael semblent, au regard de leurs publications sur Facebook et du rythme de leurs sorties digitales sur Soundcloud ou Bandcamp (beaucoup plus soutenu, et c'est tant mieux, que celui des sorties physiques on y reviendra), passer leur vie dans cette pièce aux murs vert pomme (normal pour des newyorkais) ornés de quelques posters plus ou moins faits maisons, superbement rangée et remplies d'instruments et de machines plus ou moins étranges (avis aux collectionneurs...) qui leur servent à créer ces sons lancinants et enivrants qui feraient succomber n'importe quel audiophobe tant ils parviennent à fusionner les genres en brisant les barrières et les frontières et à créer des pièces qui sont autant de romans sonores capables de faire passer l'auditeur de la transe groovalistique à la panique claustrophobique en deux riffs. Un seul mot d'ordre: jouer! Un peu comme un cinéaste qui n'arrêterait jamais de tourner ses scènes préférées ou un romancier qui n'en finirait plus d'ajouter des chapitres essentiels à son œuvre. Une quête permanente, obsédante, du Graal groove qui ne s'accomplira que par la somme des gestes parfaits des artisans du sons que sont les frangins Rufolo et leurs amis, véritables chevaliers de la table de mixage et gardiens de la traditions des musiciens de studios, souvent regrettée sur ces pages. Pour preuve cette version funk-rock-dub hallucinée du classique de Piotr Ilitch Tchaïkovski dans laquelle la fée dragée se transforme en bâton de réglisse vêtu de paillettes acidulées et se lance dans un ballet psychédélique façon shaolin, devenant capable par la seule force des bonnes vibrations de fendre n'importe quelle coque de noisette! (pas dans le mix mais dispo ici en free download évidemment: https://calicogalaxy.bandcamp.com/track/dance-of-the-sugar-plum-fairy)



Multi-instrumentistes Nick et Michael se partagent les tâches. Ranikade3 s'occupe des percussions (batteries, bongo, tambourins et tout ce qui fait du bruit quand on tape dessus) et pousse aussi la chansonnette à l'occasion, version onomatopées en mode scat ou rap à la Buck65, pendant que Calico Galaxy se charge de toutes les cordes et du vent (basse, guitares, synthés, mélodica, sitar, etc...). Et quand ils ne peuvent pas jouer d'un instrument ils appellent à la rescousse un autre chevalier du groove et leur carnet d'adresses est loin d'être faiblard en la matière...Et puis plus on est de fous plus on groove non? On retrouve donc souvent à leurs côtés des musicos venus des quatre coins de la planète dans un projet à géométrie variable appelé Brothers Nylon. Parmi les têtes d'affiches on compte, excusez du peu, le gourou du groove du XXIè siècle, Monsieur Shawn Lee, basé à Londres mais dont la renommée dépasse les frontières galactiques (c'est celui qui porte une tête de tigre dans les vidéos du groupe) grâce à sa maîtrise d'instruments plus étranges les uns que les autres (quelques exemples: glockenspiel, quijada, marimba, cabasa et autre corne de bœuf magique...). Il y a aussi le non moins célèbre BGS aka Ben Greenslade Stanton leader du groupe The Mighty Macambos mais également présent dans les tout aussi funko-exotiques The Bacao Rhythm & Steel Band, The Beta Club (à écouter plus bas) ou The Spike Orchestra entre autres. Si BGS est lui aussi multi-instrumentiste il s'affaire essentiellement au trombone chez les Frères Nylon. Citons aussi Matt Boose à la trompette, Moot Booxle aux claviers voire Georgia Ann Muldrow (compagne à la ville de Dudley Perkins) pour une touche de soul féminine bienvenue dans un univers qui sent d'habitude la testostérone. Mais la liste n'est ni exhaustive ni fermée...


Avec la compilation qu'on vous propose plus haut notre objectif était de tenter de dresser un panel des influences du groupe et de vous montrer l'étendue du talent des deux frères. Du rock jazz expérimental de Franck Zappa à l'hommage deep dark funk aux Beastie Boys en passant par une cover complètement perchée et en allemand d'un titre kraut ou par une excursion reggae en terres caribéennes, Calico Galaxy et Ranikade3 n'ont aucune limite quand il s'agit de jouer de la musique. Les 35 titres sélectionnés (on a un peu taillé dans les morceaux pour que le tout tienne en moins de 80 minutes et parce que si on les laissaient faire les Rufolo nous remplirait le cd-r avec 4 ou 5 titres seulement!) nous embarquent dans une odyssée du groove sur tous les tons et tous les modes, façon lo-fi pour les moments de douceurs, library music pour les expériences audacieuses, métalleux pour les coups de griffes sur les cordes, grandiose pour les arrangements qui montent de la cave vers le septième ciel comme savait si bien le faire David Axelrod, ambiances cinématiques empruntées aux plus grands (Morricone, MacDermot, etc...) mais toujours avec une forte personnalité, street credibility pour les moments rap (dédicace à Philthy Phil, autre compagnon de route de la Nylon's family) qui ne sont pas sans rappeler l'énergie grunge-punk des Red Hot Chili Peppers avec une pincée d'Anticon. La quête du groove n'est certainement pas un long fleuve tranquille!

Pour une fois, on ne mettra pas les liens sur les titres de la compilations (la plupart est disponible sur le Bandcamp de Ranikade3) mais on vous invitera à divaguer dans la pléthorique discographie des jumeaux (on a de quoi faire 2 ou 3 autres mix!!!) en vous encourageant également à acheter leurs disques, notamment le single You Got A Tiger publié chez Mocambo, le Freak Beat de Beta Club chez Paris Djs et qu'ils remixent façon cinematic, la cassette (également en free dl digital) Jamuary sortie il y a 3 mois sur Resistant Mindz, un label dont on vous reparlera très vite. Pour satisfaire votre besoin de free download et pour vous guider amicalement dans l'univers des Rufulo Brothers je vous conseille quand même en priorité les albums suivants: Hot Bagels, Beans For Buzz et Dubcember

Enjoy & support the artists!


Playlist:
001. Eff / 002. Storytellin' / 003. The Kids Are Not Alright / 004. Legend of Zelda-Saria's Song / 005. 28 Weeks Later / 006. First Verb  feat. Philthy Phil / 007. Squidward Tentacles / 008. Bouncy Burgundy. / 009. Crooked Jacket / 010. Bully / 011. Snatch Theme (Diamond) / 012. Music Power Bounce / 013. Addictive Interlude / 014. Echoes of Clutchy / 015. You Got A Tiger / 016. Beard sweat / 017. The Man From Nowhere / 018. Must We Rock / 019. Welt im Dunkel / 020. Cosmic SuperVillian Oh Yeah / 021. Buddah This Bread For Me... Will ya / 022. Django /  023. Atmosphere / 024. Baba Yaga / 025. Beef Bus Theme Song / 026. T Buck Entrails / 027. Mentally Sitarded / 028. Dirty Herold / 029. Luv The Silence-Contusion / 030. Hilo / 031. Love Beat / 032. Good vibes-Perish The Thought / 033. Rider / 034. Carnival Date / 035. Aquarius

Version téléchargeable du mix:
https://hearthis.at/tk9qzvc7/calico-galaxy-ranikade3-are-les-frres-nylon-tributlations/

Liens:
Bandcamp / Soundcloud / Youtube / Facebook

dimanche 20 mars 2016

Dj Ombre & Coupe Chimiste - Cassette de Mixage vol.1


#MixUp - #LaFranceAuxChansons

Une fois n'est pas coutume on vous propose de partir à la découverte d'un mix qui nous replonge avec nostalgie, un poil de dérision et une bonne dose d'hommage dans l'univers mythique des Product Placement et Brainfreeze qui sont à l'histoire du creusage (cette activité musicale chronophage qui consiste à chercher dans les endroits les plus improbables la perle rare qui fera transpirer le diamant d'une platine...et dont on reparlera très vite à propos de la nouvelle série d'Arte Creative, "Dig it!") ce que le saxo de Charlie Parker est au bebop, la guitare d'Hendrix au rock ou les platines de Grandmaster Flash au hip-hop: des morceaux d'histoire.

17 et 15 ans déjà!

Nostalgie donc. Sortis en 1999 et 2001, ces deux sessions mixées par Dj Shadow et Cut Chemist révélait à la face d'un monde, bientôt hystérique à l'idée de ce procurer les originaux de ces bootlegs qui allaient eux-même finir par être bootlegués (selon Josh Davis, il y aurait 1000 Brainfreeze et 6000 Product Placement originaux sur les, au minimum, 200 000 copies en circulation), les trésors cachés, exclusivement en 45 tours s'il vous plaît, de ces deux diggers fous, passionnés de funk qui craque, de soul poussiéreuse ou de hip hop préhistorique mais surtout avides d'improbables pièces de rock psychédélique qui faisait office de spots publicitaires ou pas..."Slurp!". A cela s'ajoute une touche technique de haute volée tant dans les enchainements délirants, les scratchs infernaux que dans la folle accumulation de titres en moins d'une heure: 81 crédits pour Brainfreeze, 66 pour Product Placement! Sans omettre l'incroyable complicité des deux garçons qui semblent fusionner comme les glaçons dans la crème vanille-fraise d'un milk-shake..."Slurp!"². On peut affirmer sans frémir que les auteurs de cette Cassette de Mixage vol.1 ont, comme nous et tant d'autres, été profondément marqués par ces deux mixes et qu'ils s'inscriventt clairement dans cet héritage...
Nostalgie encore car au regard de la liste de jeu du duo marseillais on ne peut s'empêcher de penser à ce que pourrait être cette radio aux cheveux blancs et au logo bleu et jaune, si ses programmateurs et auditeurs avaient plus de goûts et de curiosité. Claude François, Eric Charden, Herbert Léonard, Antoine, Danyel Gérard voire Vladimir Cosma se retrouvent en effet sur cette cassette mais avec des titres que l'auditeur lambda, qui se contente des tubes best-of, ne connaît sans doute pas. Et c'est bien dommage pour lui! Ce même auditeur qui, s'il astiquait sa curiosité ou savait lire ce qu'il y a d'écrit en tout petit dans les crédits des compil' à 10 balles qu'il achète à Carrefour ou Auchan, saurait d'ors et déjà que Bernard Estardy, pour ne citer que lui, se cache derrière de nombreux de tubes qu'il affectionne. Ah la belle époque que celle des années 60-70 (allez on poussera jusqu'au début des années 80 pour rester ché-bran) où en France les studios tournaient à plein régime et étaient aux mains de garçons comme Alain Goraguer, Georges Garvarentz, Pierre Dutour, Janko Nilovic, Jean-Claude Vannier ou Roland Vincent... Des hommes qui connaissaient la musique, savaient en jouer et, mieux, le faisaient à merveille pour les autres (même si les autres ne créditaient pas forcément leur talent...). Une époque dorée qui connaît un regain d'intérêt depuis déjà quelques années (la collection Wizz de Born Bad Records est incontournable) et sert de terrain de jeu à Dj Ombre et Coupe Chimiste qui sans chauvinisme mais avec un esthétisme francophonophile jusqu’au-boutiste nous délivre des franchouillardises gourmandes ou de franchouillardes gourmandises, on vous laisse décider:



Dérision et humour enfin. Même les moins perspicaces auront compris que les deux Marseillais (selon Facebook) ou Toulousains (selon Soundcloud) manient la langue de Shakespeare à un niveau qui ferait pâlir Google Trad et Reverso. Tout est traduit à la française de leurs activités à leurs noms...vous l'avez? Un côté désuet et drôle qui rend le concept encore plus sympathique. Et que dire, sur leur mur FB de cette récente célébration de la Saint Patrick Juvet! Du bon boulot sans prise de tête pour faire bouger les popotins des garçons et filles "B" sur les sols de danse du monde entier! Seul petit regret, Alain Delombre et Coupe Chimiste n'ont pas poussé l'hommage jusqu'au graphisme de la pochette, on aurait bien aimé pouvoir ne pas reconnaître leurs trognes à travers l'ouverture généreuse des 45 tours d'antan! La prochaine fois peut-être car c'est certain il s'agit ici d'un coup d'essai qui en appelle d'autres et de la première d'une série qui pourrait devenir pour l'âge d'or de la chanson française ce que sa moustache est à Brassens, sa gitane à Gainsbourg ou sa chèvre à Julien Clerc: un objet indispensable!

Pop Hop! comme ils disent...


mardi 15 mars 2016

Les chroniques d'Alex: Steve Seasick - Banjo Song Remix by Mister-Frenchwax


Une nouvelle chronique d'Alex qui sent bon le tabac froid et l'alcool à peine cuvé, pour célébrer cette sortie toute fraîche du label Radio Krimi-Records. Première chronique ou pas, on s'en fout après tout, l'important c'est de partager les bonnes choses!

Sur le Label Radio Krimi, MISTER-FRENCHWAX se la joue Luky Luke et dégaine ici un remix punchy du génie SEASICK STEVE. Mais si, vous savez qui est SEASICK STEVE, ce fameux bluesman soixantenaire inconnu du grand public il y a 5 ans et qui avec sa guitare bricolée à une corde écume en solo les festivals du globe depuis sa légitime reconnaissance.

SEASICK STEVE pour les retardataires est un artiste américain merveilleux, barbu comme un Yéti, qui met en charts les sonorités brutes du bayou avec son banjo, c'est un homme espiègle à la casquette pleine de camboui posée sur une tête rieuse et burinée recouverte de cheveux blancs longs et parsemés, comme une sorte de père Noël Rock'n roll trashy fracassant ses cordes comme un beau diable, faisant groover la vie, et tapant comme un possédé en rythme sur sa caisse à savon de sa guibolle droite enfournée dans une bottine pleine de terre fraîche. Le mélomane franchouillard Thierry Rolland disait du monsieur : « Si vous n'avez jamais vu Seasick Steve en action, chers auditeurs, jamais vous ne pourrez mourir tranquilles! »


Dans ce remix efficace et intitulé Banjo Song remix, MISTER-FRENCHWAX vous permet justement d'accéder à une partie du panel bluesy du géant baraqué, en malaxant la mélasse du bayou proposé par l'animal et en revisitant à sa sauce le titre éponyme.
Le remixeur du label Radio Krimi, propose ici une version ovni coutry bluesy electro et breakée AOC du maître, mais toujours à la cool. Les riffs de banjo glissent sur un breaks de batterie electro entêtant, la voix est éraillée à souhait, la route 66 vous ouvre les bras, vous jouez au cowboy dans les allées boueuse du Bayou, vous appuyez sur le champignon, vous glissez sur le sable chaud du Farwest, vous vous replongez en une seconde dans la série True Detectives, vous êtes bien, tellement bien. A l'écoute, on a de suite la formidable impression que Beck pogote lascivement avec Bonobo, que Mr Scruff compose un brin de paille dans la bouche aux côtés d'un John Spencer avec une Budweiser en main.



Le remix de MISTER-FRENCHWAX est classe, il tape dans le mille, il est doux, crade, harmonique, efficace, grinçant, à l'arrache, bluesy, il cogne en douceur, fracasse avec grâce, et permet au génie de SEASICK STEVE d'y transpirer encore plus.
Jetez-vous sur ce Banjo Song remix, dévalisez la discothèque intégrale du Père Noël bluesy, vous ne serez pas déçu, parole d'homme, et vous pourrez enfin mourir tranquille.

Le Bayou et Radio Krimi vous embrassent, SEASICK STEVE vous prend aux tripes, le remixeur MISTER-FRENCHWAX fait l'intermédiaire dans vos oreilles avec brillo. Congrats!

A bluesy entendeur, salut.
Je ne vous embrasse pas, pas le temps, je me remets à la gratte!

Alex.