dimanche 28 février 2016

Shaolin Jazz - Blow One For Clarence


Rien qu'au visuel on se dit qu'on a quelque chose de très bon à se mettre sous l'oreille. D'abord cette pochette vinyle usée et délavée par l'usage intensif d'un Dj comme on en fait plus (ou presque) suivi d'un séjour trop long dans un garage mal isolé et humide. Ensuite ce graphisme chatoyant rappelant les codes du cinéma de la Blaxploitation, avec sa bande à la Starsky & Hutch, dont le pitch proposerait ici un duel entre deux hommes qui ne font qu'un en réalité: un Janus du ghetto dans un épisode de Retour Vers Le Futur version parodie porno où notre héros chercherait à ne pas casser le fil doré de la Black Music en faisant office de trait-d'union masqué entre la soul qui vit émerger les premières étoiles noires et le rap qui plaça les bad boys au sommet de l'empire de l'industrie musicale...Ce héros c'est Clarence Reid aka Blowfly, décédé le 17 janvier dernier (on avait placé un edit dans le #Onceamonth1601 pour l'occasion!).



Lien de téléchargement offert par Dj 2-Tone, créateur du Shaolin Jazz:

Clarence Henry Reid (1939-2016) est donc la tête d'affiche de cet hommage sonore réalisé par les experts de Shaolin Jazz. Dans les années 1960, il est l'un des gosthwriters des débuts de l'histoire de la grande période SOUL et il vend sa plume, ses compos et talents d'arrangeurs à toutes les plus grandes voix et maisons du genre: Betty Wright chez Alston (label sur lequel sortiront également des titres sous son vrai nom), Franck Williams & The Rocketeers chez Deep City Records, Irma Thomas chez Chess, Gwen McCrae, Wilson Pickett ou Joe Tex chez Atlantic, etc... j'en passe et certainement de très bons! Le talent de Reid est reconnu ce qui lui permettra de sortir 4 LP solo sous ce nom dont le formidable Running Water qui date de 1973, année non moins formidable pour la musique. Un album distingué, classe, dans une alliance d'instrumentaux jazz funk de haut vol sur lesquels se pose la voix soul de Clarence ; un diamant! Pourtant c'est au même moment que débutait les aventures de son alter-gogo sarcastique, obsédé et un brin dérangé: Blowfly!  L'origine de ce surnom est à chercher du côté de son enfance, sa grand-mère trouvant ses interprétations frivoles des hits twist du moment plus crades qu'une mouche à viande! Toujours d'après la légende, c'est en 1965 qu'il écrit et enregistre pour la première fois son fameux "Rapp Dirty" qui fait de lui le père fondateur du mouvement hip hop ; pourtant aucune copie n'existe de cet enregistrement, et ce n'est qu'après le succès phénoménal du Rappers Delight du SugarHill Gang, que le titre ressort en 12" chez TK Disco. Ce n'est pourtant pas un détail chronologique, finalement sans grande importance, qui changera quoi que ce soit à l'influence du "porno freak" Blowfly sur le monde du hip-hop! D'abord par sa discographie pléthorique (27 albums, presque autant de singles et 5 compilations!) qui s'inscrit  à pieds joints dans les temps de la naissance du hip hop et qui a ensuite allégrement nourrit les sampleurs des producteurs de toutes les générations de Dj Quick à Jurassic5 en passant par Dj Shadow: cela fait incontestablement de Blowfly l'un des piliers du hip hop (écoutez First Black President de 1983 pour vous en persuader). Par la démarche artistique ensuite,  avec un parti pris radical d'un gars masqué dans une cape à paillette qui envoie valser toute la culture mainstream et la bien-pensance un poil cul-béni des États-Unis dans un tourbillon disco-funk-trash dans lequel le mauvais goût et la luxure sont roi et reine! En sirotant et parodiant version porno les plus grand hits du billboard (Shitting on the dock of the bay) qui lui valurent procès et censure tout en offrant des prestations scéniques on ne peut plus débridées, Blowfly s'est fait le super-chantre d'une contre-culture jusqu’au-boutiste qui ouvrit indéniablement des brèches dans lesquelles s'engouffreront les provocateurs musicaux de tout poil! Clarence "Blowfly" Reid c'est le Yin et le Yang de la musique noire à lui tout seul! Le masque de MF Doom, les pornstars de Snoop Dogg et la provoc' verbale d'un Necro peuvent lui dire merci!


Cette figure aussi délirante qu'essentielle dans l'histoire du rap méritait bien un featuring avec le plus grand crew hip hop de tous les temps le Wu-Tang Clan, porte-étendard d'une musique moins inconsciente et peut-être plus sombre mais qui symbolise à lui tout seul l'étendue du phénomène hip hop et de sa planète rap issu des délires de mecs comme Clarence Reid. Le flow des new yorkais se marie à merveille avec les prods over-the-funk du regretté Blowfly.



Avec ce titre diablement efficace, dédié à l'un des pères fondateurs du hip-hop, Shaolin Jazz poursuit son œuvre de valorisation des trésors de la musique noire après avoir rendus de dignes hommages au Wu-Tang justement puis à Gil Scot-Heron et Donald Byrd (ces projets sont tous disponibles gratuitement sur leur site). Le tout avec classe grâce à une ambiance jazz qui est chère aux fondateurs du projet: Greg Wilson et Dj 2-Tone. Et merci à eux de nous offrir ce titre en free download!


Shaolin Jazz: Soundcloud / Site / Facebook / Twitter
Clarence Reid aka Blowfly: Discogs (1) / Discogs (2) / Site / Facebook

samedi 27 février 2016

#Onceamonth n°1602


Orange, comme couleur, c'est beau non? Une couleur empreinte de douce nostalgie. Quand on pense orange on pense aux sous-pulls acryliques, à un fabuleux hollandais volant floqué du n°14, aux mange-disques de notre enfance pour lesquels on serait presque prêts, aujourd'hui, à vendre notre mère pour en avoir un bon état. La couleur rappelle aussi les sucreries d'un temps révolu, quand n'importe quel gosse sautait au plafond avec deux verres de Pschiiit et un paquet de bonbons en formes de quartiers de fruits, orange ou citron ; de la vitamine de synthèse qui paraît bien sage au regard de ce qu'on veut nous faire bouffer actuellement... Tiens l'agro-industrie-chimique, parlons-en, eux aussi ont fait de l'orange un souvenir indélébile, au Vietnam, sous les traits d'un agent trouble dont l'ombre inquiétante s'est abattue sur des forêts d'individus sans défense. Orange, comme une tranche de fromage non identifié dans un burger, comme un rayon de soleil de fin d'été annonçant magnifiquement et ironiquement l'arrivée de l'automne, comme un tacle assassin du meilleur boucher hollandais Von Bommel, comme une lubie de décorateur d'extérieur qui trouve que votre maison tranchera dans le décor (ça fonctionne aussi avec le décorateur d'intérieur et une tapisserie en toile épaisse). Orange, comme couleur, c'est moche non? 

Désolé, je ne sais pas ce qui m'est passé par la tête, je ne sais plus trop où j'étais... c'est peut-être lié à l'habillage cinématographique de ce #onceamonth.... J'ai, plus ou moins consciemment, été pris d'une irrésistible envie de digresser autour de cette image, un portait de dos à l'orange signé Lucia Fainzilber, qui accompagnera votre prochainne mensualité musicale, gratuite et légale évidemment, mais pas encore déductible des impôts. Pour ce mois de février, l'éclectisme est encore une fois et pour toujours, à l'honneur. Ce qui explique sans doute quelques enchaînements un peu brusque, même si notre métier c'est aussi veiller à la santé de vos oreilles ; mais allez placer, vous, un titre tiré d'une compilation de la Folle Journée de Nantes (consacrée au classique) entre une Madrague moderne qui nous ferait toucher des yeux la belle Bardot (The Incognito Traveller) et un des hits qui marque le retour en puissance de l'abstract en 2016 (on a des infos!)...Comme dirait JCVD, il ne faut pas négliger l'échauffement pour tenter un tel grand écart! Pour ça on a misé sur des valeurs sûres pour faire passer la pilule, jugez plutôt: Earth, Wind & Fire (le Rip du mois), un David Bowie tout retourné, Prince repris à merveille par l'ami Faulk, la salsouse de Mark de Clive-Lowe (on a choisi Valentin pour février mais on vous en fera découvrir d'autres prochainement), la méga-star en devenir Anderson.Paak un mélange de Stevie Wonder et Dr Dre, rien que ça!, Baron Rétif & Concepcion Pérez les rois du funk mou électrique, leur patron Fulgeance qui remixe son copain GaBLé et vient de sortir un EP sur EdBanger, excusez du peu, Mr Lif qui fait, avec Edan, un retour fracassant sur l'inévitable Mello Music Group (on radote mais bordel qu'il est fat ce label!), alors que Jeru LE Damaja nous offre une archive qui vaut de l'(âge d') or. Pour le reste du menu on est allé piocher un peu partout, c'est notre côté pique-assiette, pour vous fournir les dernières perles de la sphère free&legal, aiguiser votre appétit de perles auditives et rassasier votre soif de découvertes: un mélange vert jaune rouge très puissant, mais sans risque pour vos neurones, signé Greg Wilson, un edit dingo période H.I.P.H.O.P. du crew Discomatin qui va titiller vos gambettes, le moment dancefloor cardio-hype avec Her remixé par D-Pulse, des virées ethnologiques au cœur de la forêt équatoriale africaine avec Kekekle du Beatfonic Crew ou chez un chaman du sommet des Andes avec Barda et Wenceslada, une balade jazzy onirique portée par le NCY Milky Band et le flow de Cotchei, l'odyssée non moins jazz de Napoleon Maddox du groupe ISwhat?, le rap rockailleux de Flowatile ou Meat Loaf Muzik, et une Sampa The Great sur pile pour conclure sur une touche féminine. Pour commencer, MeaKoom nous parle de soda...à l'orange, ce qui boucle la boucle! 

Bonne écoute.
Enjoy & share.
Support the artists, buy music.

Le mix:


Version téléchargeable: https://hearthis.at/tk9qzvc7/onceamonth-1602/

La playlist:
001. #MeaKoom - Orange Soda [Sluuuuuuuuuuurp!]
002. #BlindArcade meets #SuperWeirdSubstance - Red Stripe And A Spliff [DansLeBrouillardAvecGregWilson]
003. #HipVideop - Comment Veux-Tu Sentir Les Frissons Sur La Piste #Discomatin Edit [SidneyReviens]
004. #EarthWind &Fire - Shining Star #SLY Edit [EncoreRIPé]
005. #DjSoup - Don't Be No Foowl Edit [ThatsNotABreak]
006. #BobbyValentin - Barengue Merengue #MarkdeClive-Lowe Remix [LeSaintSalsaDuMois]
007. #KELELE - Bainmass [Beatnologue]
008. #Barda feat. #Wenceslada - Nudo de un Arbol [NaturalismePsychtropiques]
009. #VaughnIlla - The Man Who Wold The Sorld [BavidDowie]
010. #30-70Collective - Where'd You Get It [???]
011. #Faulk - Bisou #Prince Cover [Big]
012. #Her - Quite Like #D-Pulse Remix [CaPulseAMort]
013. #Anderson.Paak - 8oom 8Ap [NouvelleStar]
014. #Cotchei & #TheNCYMilkyBand - Les Pieds Sur Terre [LesTêtesEnL'Air]
015. #BaronRétif&Concepci¢nPérez - Navette [DécolLargeMusique]
016. #GaBLé - Unbeatable #Fulgeance's Beatable Remix [CaenC'estBonC'estFulgeance]
017. #NapoleonMaddox feat. #RashidaManuel & BaokuMoses - One Mind [L'UnionFaitLaForce]
018. #TheIncognitoTraveller - Chaleur [SiBrigitteBardotN'AvaitPasMalVieilli]
019. #MatanPoratMikrokosmos - Ce Que La Mouche Raconte [FolleIdéeDeLaJournée]
020. #Wasaru feat. #Slawth - Sociophobe Within [LeRetourDeL'AbstractEpisode1]
021. #Fowatile - Galaxy Sicks Over [BiscuitsDeL'Espace]
022. #Mr.Lif feat. #Blacastan - Whizdom prod. #Edan [MelloTime]
023. #LoafMuzik - Fried MerMaids [NYCHipHopCapital]
024. #JeruTheDamaja - Dirty Rotten Demo [GoldenAge]
025. #SampaTheGreat - Intro//F E M A L E [WomanTooWoman]

vendredi 26 février 2016

Radio Krimi x Free&Legal - Worlwide Airlines - Flight002: Complexe retour


C'est reparti! Les vols de la Worldwide Airlines prennent de l'épaisseur à chaque nouvelle expédition et pour ce deuxième épisode de notre émission mensuelle sur Radio Krimi on vous propose quelques entremets cinématographiques aéro-délirants pour agrémenter votre voyage auditif à travers la musique du monde (pour le 003 on s'offrira en plus un générique qui devrait ressembler à ça!). Lors du Flight 001 on vous avait laissé sans parachute au-dessus des steppes asiatiques, il était donc normal, ou pas, que le décollage 002 s'effectue depuis le pays du Soleil Levant. On se rendra ensuite en Inde, dans l'Afrique subsaharienne et méditerranéenne avant de traverser l'Atlantique sur un interlude de Medline, le beat-trotter, pour une escale insulaire dans les Caraïbes. Le voyage se terminera par un tour de l'Amérique latine entre salsa du ghetto et cumbia disco, sans oublier l'indispensable touche brésilienne. En bref, une collection de cartes postales auditives qui, on l'espère, ravira vos esgourdes, et laissera celles-ci débouchées le plus longtemps possible!

Encore merci à Seb Krimi de nous avoir laisser le manche!

Le mix:


La playlist:
001. Al Dobson Jr and Creole+ - Japan Project Intro (One Handed Music, 2013)
002. Mazette - Blockhead (Vatsa, 2012)
003. Marc Hype & Jim Dunloop - 8-9-3 Rise Of The Gurentai (Das Modular, 2005)
004. Gramatik - Sitar Chop (Lowtemp, 2012)
005. Noura Mint Seymali - El Mougelmen (Mettabanna remix) (Not on Label, 2014)
006. Slimane Azem & Nourredine Meziane - La carte de résidence (ATW Edit)*
007. Tinariwen - Oualahila Ar Tesninam (AkizzBeatzz Funked-Up Remix) (Not on Label, 2015)
008. Grup Ses Beats - DIM DIM VIY VIY (Caoutchou, 2012)
009. Fadoul et Les Privilèges - Sid Redad (Habibi Funk-Jakarta, 1971)
010. Mettabbana - Malinke Dance (Not on Label, 2014)
011. Mister Kentro - Kora (Balkan Riddims, 2014)
012. ill Papa Giraffe - Better Believe It (Black Lantern Music, 2013)
013. Medline - Around the globe (DelaBoucle, 2015)
014. Mop Mop - Run Around ft. Fred Wesley & Anthony Joseph (Grant Phabao Remix) (ParisDjs-Agogo, 2013)*
015. Maqflah feat. Dominik Coco - Mové dirèksyon (Simetria, 2014)
016. ICONILI - Vinheta (2015)*
017. Dj Topor - J5-Willie Bobo (Not on Label, 2014)
018. Matblack & Leka El Poeta - Tuky Tuky Lulu @SalsaySabor (Salsa Choke, 2014)*
019. Tribilin Sound - Coca (Caballito Netlabel, 2015)
020. Ondatropica - Tiene Sabor, Tiene Sazon (Sol Power All-Stars Remix) (Sol Power, 2014)
021. Frevotron - Garoto-Rima (Not on Label, 2015)
022. MC Cidinho - Dinheiro (Maga Bo Remix) (Not on Label, 2012)
023. Tom Caruana - World Tour (Tea Sea Records, 2009)

*Ces titres ne sont plus en free download, malheureusement pour vous!

mardi 23 février 2016

Les chroniques d'Alex: Faulk - Bisou


Alex est de retour pour une cover pleine d'amour...en copains!

Maestro Del Campo fait de la musique dans son appartement, comme ça, pour son plaisir, et surtout pour le nôtre. Ce musicien nantais et radiologue mélomane, nous livre ici une pépite très personnelle et acidulée au sucre Beghin Say. On aime tout simplement, donc on chronique. En toute objectivité, car dieu sait qu'on affectionne le pépère dans la vie (Ndlr: et sur le blog parce qu'on la déjà playlisté sous différents pseudos le lascar, pour en savoir plus c'est "")!



Ici, FAULK s'amuse en solo et avec grâce à balancer une cover funky, catchy, pop sauce new wave du titre Kiss de Prince, le nain mégalomane et génial. FAULK, 30 ans après la sortie du titre original qui date de 1986 et qu'on trouve sur l'album Parade, fait revivre la flamme et hybride avec sa patte créative ce morceau référence dans l'histoire de la musique et des charts.

Dès l'introduction du track du garçon, on est plongé dans une sorte de transe rythmique et chaloupée qui ne nous quitte plus pendant les 4 minutes et 13 secondes que dure le morceau. Le swing breaké du hit réjouira les plus réfractaires de la danse. FAULK s'empare d'un chef d’œuvre pour en construire un titre à son image : joyeux, décalé, dansant, bien senti, et classe.
Les gimmicks, la voix vocodée et les inserts subtiles, les riffs funky et afrogroovadéliques contribuent à booster l'ensemble. Le track vous réchauffe le cœur, vous accapare les oreilles. «Une autre, une autre !» : s'exclame en vost un Prince en habits de lumière
Pour une cover, that is a fuckin' cover, nom de bigre! Vous ne pourrez vous empêcher de danser sur la piste. On ressent pendant l'écoute les influences de son créateur, et la touche personnelle de FAULK. Dans cette reprise, la pop caresse le groove, le post rock embrasse avec sa langue puissante les méandres de la funk music, les drums vous emmènent au loin dans une ambiance de début du monde. Un gros bisou funky-pop se dépose sur votre joue musicale.  



Dans ce Bisou, bien loin d'être Big, c'est un peu comme si Beck avait croisé Tony Alen dans les méandres du Bronx, comme si Soulwax se tapait la cloche avec un John Spencer aviné, comme si Esser, mèche au vent, avait répété avec un Ian Curtis robotique accroché à son micro, tout en sirotant un whisky en blaguant avec un Carlos survolté. Mais que fait l'hédoniste en chemise à fleurs dans cette chronique? Prince lui même ne s'y tromperait pas, espérons-le! La France et FAULK ont un incroyable talent.



Le titre BISOU et le travail ciselée et éclectique de FAULK n'attendent plus que vous, que vous l'embrassiez à pleines oreilles, et croyez-moi sur écoute, vous ne serez pas déçus. Vous voulez un autographe? Pas de souci, je l'appelle de suite! Allo FAULK, ça va? Y'a moyen que.... Comment ça t'aime rien ? Euh, non.... Juste pour un autographe... A toi aussi, bisou...

Je ne vous embrasse pas, FAULK s'en charge affectueusement pour moi, et avec classe.
A bon entendeur, salut.
Bisous quand-même !

Alex.

jeudi 18 février 2016

Le Blues du Robot #86


On n'a pas le même maillot mais on a la même passion dit le slogan footballistique! On pourrait reprendre ses termes pour qualifier notre relation avec les deux compères (voire trois avec l'arrivée du brillant ténébreux Kira Neris aka Hervé au micro, pour cette 3ème saison) du Blues du Robot, émission phare du mercredi soir sur Prun' la radio étudiante nantaise (92fm ou Prun.net pour les expat') réputé pour son exigence et son éclectisme. Un peu comme chez Alex et moi, "Vous ne savez pas ce que vous allez entendre" dans Le Blues du Robot et c'est ça qu'on aime!

L'émission se veut une pochette surprise musicale dans laquelle on ne tombe que sur des pépites qui font plaisir, rangées autour de quelques thématiques emblématiques mais jamais réductrices: Nouveautés en tous genres, Emprunt, Cover et Grenier de la semaine rythment le show hebdomadaire qui n'est jamais avare en anecdotes croustillantes et en humour croquant, comme en témoignent les interventions délirantes d'un certain Monsieur Vinyles. En plus de leur émission hebdomadaire, les deux compères donnent aussi dans le Hors Série, classé X ou Y:



Érudition et déconne seraient donc les deux mamelles de LBDR (qui se fait aussi la belle à l'occasion avec l'excellent Nectar dont on attend impatiemment la suite des abstractventures) reste à savoir qui de Greg ou Cristalo joue quel rôle. Les deux lascars se connaissent depuis plus de dix ans et sont tous les deux nantais d'adoption après diverses aventures parisiennes ou berlinoises qui tournent, comme aujourd'hui, autour de la musique ou de la BD.
Quand Cristalo ne produit pas des sons hip-hop ultra-dansants (checkez son Soundcloud...et celui de Amos Slad) il vend des disques sous l'avatar de Monsieur Vinyles dans les bars (le mardi au Melocotton  où avec Kira Neris ils font en live une émission de radio un peu folle diffusée sur Youppala) ou sur la toile. Pour le reconnaître c'est facile: Cristalo, quarantenaire qui ne fait pas son âge, toujours un tote bag plein de galettes noires sur l'épaule (sans doute pour cacher son gros zizi).
Greg Del Campo est tout aussi multi-tâche mais il est clairement le patron ou plutôt le chef d'orchestre du Blues du Robot...il a sans doute attrapé le virus de la rigueur organisationnelle lors de son séjour à Berlin. Sa carrière musicale est protéiforme et si la tendance est rock il ne se satisfait jamais d'un genre prédéfini (de toutes façons "il n'aime rien" dit la légende): écoutez plutôt Le Cowboy, Faulk (déjà playlistés chez nous et dont on devrait reparler sous peu, hein Alex?) ou encore BareFeetCats et Zumabrek, qui nous offre cette version électronique et planante du tube de Lionel Ritchie. Dandy un peu dada, digger aiguisé, amateur de bulles dessinées et de schnokitude, ce fut un plaisir d'enfin rencontrer hier soir ce pilier de la curation musicale de notre vie auditive virtuelle!



Ce mercredi 17 février 2016 restera donc dans nos anales et nos mémoires déjà défaillantes, d'où l'importance de sauvegarder dans vos disques durs ce podcast d'anthologie. Ambiance: dans le cube de verre et les doigts sur les machines, l’échalas sérieux Greg', pas manchot mais bien malade, organise d'une main de maître l'émission, pendant que Cristalo, sur le fauteuil du patron, entre deux bons mots tout droit débarqués Schnockland, essaye de lire ses fiches, mais ce n'est pas si facile dans l'ambiance tamisée, un brin sensuelle, du studio. Hervé pour sa part distille des punchlines aussi rares que précises. Voilà pour l'ambiance générale. En invitant les Laurel et Hardy du dimanche, toujours prêts à dégainer leur humour grassier et sans sens, ils ne s'attendaient peut-être pas au Petit Bazar qu'on a gentiment mis dans l'émission, avec une playlist, forcément éclectique, made in Free&Legal et de la bonne humeur à ne plus savoir qu'en faire!

On se saurait suffisamment remercier ces drôles de robots de nous avoir permis à Alex et moi d'évoquer pour la première fois sur une autre antenne que Sun nos projets respectifs et communs! Encore merci et à charge de revanche avec une prochaine spéciale LDBR dans Le Petit Bazar Electro!

Le show: (cliques!)

http://www.prun.net/emissions/le-blues-du-robot-17022016

mardi 16 février 2016

Francky Vincent - Fierté (Judah Warsky Edit) Limited free download!!!


Quelle fierté! Judah Warsky, petit génie de la nouvelle scène francophone alternative et créative (essayez de résister à la maligne malice de Bruxelles signé sur Pan European Recording), nous fait l'immense honneur de nous autoriser à héberger en free download (limité à 100 exemplaires seulement), sur notre compte Soundcloud, l'un des edit les plus chauds qui soit d'un des chanteurs les plus shows qui soit (déjà playlisté il y a presque 2 ans dans un #onceamonth). Francky Vincent débarque sur le blog, parce que c'est toujours très chic de visiter les Antilles en hiver! Si tu es pressé jette-toi sur le son, sinon appuie sur play et laisse nous te compter brièvement l'histoire du Doc Porno à côté de qui Rocco Siffredi est un p'tit zizi!



Quand on évoque Francky Vincent aujourd'hui on pense d'abord, le plus souvent, à la session antillaise de la fête à Neuneu (ou toute autre fête de famille) avec "Alice", "Fruit de la passion" et "Qui veut mon zizi" coincés entre Zouk Machine et la Compagnie Créole. Dans le meilleur des cas, les critiques les plus dithyrambiques évoqueront une sorte Patrick Sébastien de la Caraïbe, un Jean-Marie Bigard de la chanson, un héritier de la grivoiserie francophone (si vous voulez j'ai des vinyles de Chansons à boire à vendre, à condition que vous y mettiez le prix). Rien de bien reluisant en somme et Francky semble, la soixantaine sonnante, davantage relever de la has-beenerie et autres joyeusetés de la déchéances de la célébrité, que du monument patrimonial.

Voilà, voilà...

Et pourtant... Francky ce n'est pas n'importe qui dans l'histoire de la musique caribéenne en général et du zouk en particulier. Il fait en effet partie des précurseurs de ce genre qui va inonder l'Europe dans les années 80 et 90 (Francky Vincent explose les chartes en 1994 seulement!) grâce à l'émergence de l'électronique dans les productions, peut être plus pour le pire que pour le meilleur. En effet, la métropole n'a connu que la partie émergée de l'iceberg et il fallait être un sacré aventurier à l'époque pour aller fouiner dans les bacs de Basse-Terre ou  de Fort-de-France pour dénicher les perles des Antilles qui font le bonheur aujourd'hui des rééditeurs de tout poil et deviner que finalement le zouk c'est la kadans (ou cadence) et que la kadans c'est en fait une meringue comme sa rivale la kompa (avec ou sans -s-) et que tous ces rythmes, aussi festifs qu'ensoleillés, viennent bien souvent d'Haïti. C'est dans ce joyeux mélange des sous-genres qu'apparaît le jeune Francky, tombeur en chef de ses dames des deux côtés de la Rivière Salée, en tant que percussionniste d'un petit groupe de quartier Tabou n°2, au milieu des années 70's. Ce n'est qu'après son service militaire et son retour en tant que leader vocal du groupe que sortent ses premiers véritables succès sur disques avec le Retour en Force (1978) de Tabou n°2, aux sonorités et à l'esthétique magnifiques, syncrétisme des musiques caribéennes saupoudré de gros funk US (via les radios locales îliennes anglophones comme Sainte-Lucie), et dont est extrait "Fierté". C'est le début de la gloire, d'abord auprès d'un des papes de la musique antillaise, Pierre-Edouard Décimus et de ses Vikings de la Guadeloupe, avant de s'envoler de ses propres ailes de perroquet en rut à l'orée des années 80...mais déjà il est entré dans le cercle vicieux de la pornographie du phonographe et Francky n'en aura plus fini de montrer le bout de son bout...Ce qui lui vaudra les foudres de la censure (interdiction d'antenne dans les années 1980) et des grands-parents qui ne veulent pas que leurs chères petites têtes brunes (dédicace à toi mon Willy) aient les oreilles souillées par les paroles ultras chaudes du Doc Porno aka Le Zoukeur X ; il faut dire qu'avec des punchlines aussi délicates que "Je voudrais mettre mon gros micro dans ta sono" (merci Véro) le Francky il cherchait un peu!



La sélection ci-dessus nous fait vraiment nous interroger sur une industrie du disque qui ne semble pas vouloir utiliser tous les trésors dont elle dispose: à quand des rééditions de qualité de ces trésors de la culture franco-caribéenne?!? Comment passer à côté de cette musique addictive, chaleureuse, dansante, sensuelle, métissée et très dans l'air du temps si l'on observe le nombre de rééditions world rare groove qui inonde les bacs voire l'influence caribéenne sur quelques hits du moment (Souleance, Voilaaa, The Soul Jazz Orchestra). Alors on fait quoi? On laisse les Ricains, les Rosbeefs ou les Allemands s'emparer du truc ou un label français se transforme en Montebourg de la kadans made in France? D'ici là on vous conseille de les chasser à bon prix sur Discogs! Encore merci Judah Warsky pour ce moment de bonheur auditif!

 J'ai craqué pour les craquements, en cadence...

dimanche 14 février 2016

Les chroniques d'Alex: The Incognito Traveller - EP


 Le 7è art! Venez voyager aux côtés d'Alex dans les cieux colorés et soyeux de The Incognito Traveler.

Enrico Gianfranchi et César Juárez-Joyner: ce duo mexicain, sans sombreros festifs ni cigarillos bon marché, forme THE INCOGNITO TRAVELLER et ne devrait pas rester inconnu très longtemps des mélomanes avertis, ni du grand public, avec un grand P. Il vous suffira juste de plonger oreilles grandes ouvertes dans le bain de jouvence electro-jazzy-freshy qu'ils balancent dans The Incognito Traveller EP sur Soundcloud (mais à télécharger sur archive.org) pour vous en rendre compte.


Le label BBE Music a lui aussi mis son maillot de bain et ne s'est pas trompé en les signant pour leur LP « Movements of Migration » dont le track « Silent NY » a déjà envahi nos oreilles et les ondes du Petit Bazar Electro (dans la spéciale New York City Life).  


Dans « The Incognito Traveller EP » qui date seulement de l'année dernière, les deux compères chicanos distillent avec classe une musique lounge anti-ascenseur teintée des parfums subliminaux modernisés des plus grands clubs de jazz de la grande époque. Ils mêlent trip-hop et jazz dans une danse onirique, cuisine un exotisme musical et une rigueur harmonique sur un feu brûlant en plein désert, avancent  à pas feutré sur les affres du downtempo en contournant avec une pincée de sel épicé la world music. Vous, bloggeurs chéris, vous voyagez gracieusement vers l'inconnu, vous flottez sur le yin,  en glissant comme une plume sur le yang, vous êtes bien, ici et là, chez vous ou dans votre 306 Gti, à l'hôtel Ibis ou dans les transports en commun surchauffés. Grâce à nos amis vous attendez que le temps passe en musique, en finesse, en équilibre, en candeur...vous avez dit Adagio de Barber?



Laurent Garnier premier du nom est dithyrambique sur le travail des voyageurs sans identité. En deux mots, le chantre français de la techno s'exclame: «Élégant et Superbe!». Deux adjectifs qui correspondent merveilleusement à mon track préféré de cet EP : « Chaleur ». C'est un track naïf assumé, chanté en français par une femme enfant, sorte de Brigitte Bardot sympathique (oxymore!) et candide (Non? - Si, je te jure!!!). La mélodie vous tient en haleine jusqu'à la lie par sa simplicité et son efficacité déroutante. La voix douce est posée sur des harmonies jazzy-electro imparables et vous appuyez constamment sur play. Le refrain est international, enfantin, et entêtant, le gimmick lalalalalalalalaaa n'a rien à voir avec la folie potache mais attachante de  Patrick Sébastien, mais vous attire malgré tout vers lui comme un chewing-gum aussi piquant que de la sauce mexicaine, pour ne plus jamais vous lâcher, vous ballotter entre la France et le Mexique, en vous plongeant en vous-même.



Cet EP est un condensé du meilleur des ambiances jazzy et downtempo des années 2000. Il manie avec finesse les craquements de vieux vinyls cabossés, les percées jazzy dans les couloirs du Cook County Hospital un soir de fête, les breaks sous-pesés au gramme harmonique près. Il remémore avec l'instinct de la douceur des groupes et artistes tels que Saint Germain, Funky Porcini, Mr Scruff, The Cinematic Orchestra, Kruder & Dorfmeister, Menahan Street Band... THE INCOGNITO TRAVELLER, c'est tout ça à la fois, un condensé de la folie géniale du label Blue Note et de la  modernité électronique et perfectible des machines. Le track francisé Marguerite en est le parfait exemple dirait un Alain Rey guilleret sous bourbon, accoudé au comptoir d'un vieux rade du barrio.



THE INCOGNITO TRAVELLER va sortir du bois, conquérir une reconnaissance internationale bien méritée, même à petite échelle, dépasser le monde underground des ombres, pour accéder à la folle lumière des charts. Le public n'attend plus qu'eux, si si je vous le dis, vous ne le savez pas encore, c'est tout, mais cet été vous les entendrez sur les ondes, croisons les doigts en tout cas, rêvons en mexicain, ouvrons nos cages-à-miel, luttons librement avec eux en collant et masque de catcheur s'il le faut, espérons qu'ils arrivent avec la fine armada, avec la classe de leur musique.


Mexique, France, USA, Bamako, Mexico, Parico, même combat ! Légalisons et rendons accessible la culture et les voyages musicaux! THE INCOGNITO TRAVELLER en tête de liste et playlistée quatre étoiles par le Guide du Routard musical! 

A bon entendeur Adios!  

Alexico.

mercredi 10 février 2016

RapOrama vol.5 [LCPR045]


N'ayez pas peur! "IL" ne vous fera aucun mal le Rap français si vous ne vous foutez pas de sa trogne ni le prenez ostensiblement pour un clown comme peuvent le faire, pas toujours mais disons tout le temps, les grands médias ; on ne va pas encore une fois vous fatiguer à jouer les Don Quichotte de la bonne soupe contre la mauvaise, mais juste vous proposer un nouveau jogging dans les rues des quatre coins de l'Hexagone, du nord au sud de l'est à l'ouest, pas toujours dans le même décor, mais qu'avec des mecs (et des filles, enfin une, Kenny Arkana) forts, hier, aujourd'hui ou demain: vive la transmission transgénérationnelle! Au menu de ce 5è épisode on vous propose un règlement de compte à 1% de matière grasse en amuse-bouche (Le Barbu de Valmy), une entrée électronique à base de basses lourdes (L.Boy Jr, Adjaman, Barrio) agrémentées de suprêmes featurings plus ou moins légitimes (La Rumeur, Mlle Arkana et Kerry James). Ensuite nous vous servirons une belle brochette de samples guitareux, avec au choix sauce western (Guts & Cheeko), folk (Lucio Bukowski) ou gitane (Globuldub sur Fabe ou Artisanal sur Moar), entre amis au coin du feu pour éviter de la mettre à tout ce qui vous/nous énerve. En deuxième plat, une grosse pièce de groove bien saignant pour les carnivores du dancefloor avec les épices de Kohndo, Square des Provinces, Marcel Polaire ou Resisnky pour relever le tout. En désert on vous propose une tarte électrique sauce rock avec les maîtres du genre que sont La Canaille, Mike Ladd ou Stupeflip ; attention aux dentitions sensibles! Enfin, un classique tord-boyaux hors d'âge de Busta Flex toujours d'actualité pour bien digérer ce festin. Bon on ne vous révèle pas tous les ingrédients dans le détail, parce qu'il faut que l'auditeur découvre un peu par lui-même et que la playliste du chef est juste en-dessous! Pour l'addition, ne vous inquiétez pas, c'est moi qui régale, mais n'oubliez pas de commenter, liker, sharer, et surtout acheter les titres que vous aimez ; les artistes ont besoin de nous!

On en profite également pour remercier tous les activistes du rap français AOC que sont Le Connard de Puriste, HipHop Français, Cultiz, Haute Culture, Le Bon Son, Explorap (et j'en oublie sûrement...) qui alimentent la toile et les réseaux de petits cailloux du ghetto qu'on aimerait bien parfois balancer dans nos télés et radios! Un travail de Petit Poucet que nous nous devons de saluer! 

Le mix:


La playlist:
01. LE BARBU DE VALMY feat. BEN - RévoluSon (prod. STRAANJ).
02. LITTLE BOY Jr. x LA RUMEUR - BellHead 07
03. BARRIO x KERRY JAMES - MDK00001-Mac Daddy Kerry
04. STARLION - En Nuit
05. ADJAMaN x KENNY ARKANA - Buenos*
06. EAST - Bundle O Jazz Outro
07. ROCé feat. BR&CP - Assis Sur Une Pierre
08. L'ERREüR & Co - ARAGON x MELAN - La Rose & Le Reséda
09. LE SEPT - G13
10. GUTS feat. CHEEKO (PHASES CACHéES) - Open Wide (BLANKA remix)
11. RADIKAL MC - L'Ordure (prod. KYO ITACHI)
12. LUCIO BUKOWSKI feat. RUSTE JUXX & SKANKS - 1% (prod. KYO ITACHI)
13. FABE x GLOBULDUB - L'Impertinent Remix
14. MOAR feat. ARTISANAL - Cowboy Manouche *
15. MOM'OPA - Indigestif (interlude METAPUSHKA)
16. METAPUCHKA - Retour A La Case Départ
17. SQUARE DES PROVINCES - Fusion (prod. GüMS)
18. MARCEL POLAIRE - L'ex-player (prod. WILLY SUNSHINE)
19. MICRONOLOGIE x PEPSO STAVINKY (Rezinsky) x DAJANEM - Bridging The Gap (prod. ReZO)
20. SABRE ET NOMBRE - Le Fichier Elvis (prod. DOCTOR OCTOPUS)
21. LA SMALA, CABALLERO, LOMEPAL, EXODARAP, JCR & YSHA - #PAF
22. KOHNDO - Funky Rimes
23. LAUTREC - Style Libre (prod. MONKEY6MONKEY2)
24. MR. LIPS (Under Kontrol) feat. WAPI WAP - Freestyle Chez AKH @LeMouv'
25. BéOCéA - Nucky Thompson
26. J.KEUZ - Cobras Royaux (prod. SCOOP) inédit 2016
27. G-ZON feat. YAROSCAR & TEPA - La Jungle Avec Un Grand J (remix DJ BRANS-cuts DJ RONSHA)
28. LA CANAILLE feat. MIKE LADD - L'Arène
29. STUPEFLIP x DOCTEUR VINCE - Psycho Menuiserie FullMix
30. BUSTA FLEX - Hiphopcryt

*ce titre n'est plus disponible en free download

PS: devrait très vite arriver un Petit Bazar Electro spécial RapOrama avec plein de titres qu'on a malheureusement pas pu sélectionner dans ce volume, on fera la mise à jour en temps voulu! En attendant vous pouvez vous replonger dans celui de l'année dernière qui avait bien fait bouger nos têtes, avec ou sans casquette:

MAJ:


Après une "Hip Hop Funk You Bro" aux petits oignons (avec l'inégalable Mr F. à la playlist), Le Petit Bazar Electro remet une couche du son qui vient de la rue avec une 2è émission consacrée à la série RapOrama qui fait le tour de l'Hexagone à la recherche des meilleures punchlines en F&L. On retrouve donc des titres extraits de la compil' ci-dessus, d'autres sons casés dans les précédentes ou simplement présentes dans le gros dossier qu'on avait envoyé à Alex, le Maître de Cérémonie, qui impose sa patte avec S2E & Dj Masta, Le Kidd, un titre "fort" d'Iris & Arm et un autre du nouvel album de Le Sept sur une prod. de Le Parasite (et quelque chose me dit qu'on n'a pas fini de parler de lui sur ces pages). Un émission qui prend le rap au sérieux, enfin celui poser un 16 en prose est un sport de combat!

Titres F&L hors compilation joués dans Le Petit Bazar Electro ce dimanche:
Dj Spamz / La Canaille / Eli MC / La Formule / Lowschool / Loco Rodriguez* / La Chose Maeng x Stupeflip / Edgar Sekloka x Guts / Astrofatcap

lundi 8 février 2016

Baron Rétif & Concepcion Perez - Navettes


Faites vite, il n'y en aura pas pour tout le monde! La prochaine galette de Baron Rétif & ConcepcionPerez, duo loufoque qui manie la fission groovy-temporelle à merveille, dont on est tombé amoureux depuis la sortie de leur précédent EP (L'Indien chez Heavenly Sweetness) et qui squatte régulièrement nos compils, sort chez Musique Large (Fulgeance, Claude, DéBruit, Onelight et même Lolo Garnier!)  en coopération avec Mostla (vous savez les incroyables compilations La Souterraine...) en avril. Les précommandes sont lancées depuis hier, et il n'y en a que 100 exemplaires (vinyl et cd): les places sont chères pour ce qui s'annonce comme un vol spatial inoubliable avec les rappeurs caennais de Coeff et Napoleon Maddox en compagnons de voyage pour poser des mots sur les prods à tendance jazz lunaire électrique. Pour soutenir davantage l'expédition et fusionner avec l'équipage fantastique, le label propose même un thermo patch collector à coller sur votre veste préférée. Voilà, on arrête là le blabla, place à la musique...3, 2, 1: décollage!



Pour les avares, les pauvres et les frileux, le groupe offre deux tapes sur le Bandcamp  de Mostla/La Souterraine, deux "meilleurs de" BR&CP qui ne sont pas nécessaires mais indispensables ; faites vous plaisir:




http://souterraine.biz/album/disque-dor

Allez on finit en beauté avec ce live:

Update: le clip vient de sortir!

dimanche 7 février 2016

Les chroniques d'Alex: Quelle Chris - Lullabies for the Broker Brain


Alex s'attaque sans se poser de question à l'un des artistes phares du label phare du hip-hop underground: Quelle Chris de Mello Music Group, qui offre régulièrement des free downloads (un par sortie en général) et qui est donc régulièrement playlisté dans les #onceamonth. Pour nous c'est tout bonnement le nouveau Stones Throw: des questions? Lisez la chronique!

Chronique Number six Niggas ! Juste pour vous prouver qu'on maîtrise un tant soit peu la langue de Barack Hussein Obama II ! Quelle Chris n'est pas une interrogation erronée dont on aurait par mégarde oublié le fameux point d'interrogation cher à nos amis professeurs.
Quelle Chris est un ingénieux et talentueux rappeur/producteur de Détroit qui enchante par son originalité, ses beats et ses instrumentaux finement arrangés et ravageurs, son éclectisme et sa touche jazzy atmosphérique si singulière. L'afro-américain originaire du Michigan, casquette colorée ostentatoire vissée sur la caboche, grosses lunettes globulaire version académicien déclinant (pléonasme!), et bouc proéminent, dont la réputation n'est plus à faire Outre-Atlantique, n'est pas un néophyte ingénu de la scène rap underground américaine. Le mec a de la bottle de Coca ou de Budweiser sous le coude et possède déjà 6 ovnis musicaux dans sa besace de compositeur - arrangeur - rappeur – producteur – bidouilleur, et j'en passe : « Innocent country » - « Ghost at the finish line » - «  Niggas is men »...



Une casquette ne suffit pas à décrire le phénoménal Quelle Chris. Sur son Bandcamp, vous constaterez par vous-même que le Nigga du nord-ouest américain côtoie l'excellence à chaque saillie musicale. Il rappe, il remixe, il boucle, il sample, il compose, il produit, il étonne, il n'est jamais là où on l'attend et l'entend, et ça fait tout le charme du prodige. Impressionnant! Quelle Chris envoie du FAT!



L'homme charismatique de la Motown city, déploie ici ses ailes avec son 7ème projet perso qui sortira le 26 février. Son album, « Luluballies for the broken brain » dont le bonus track I'm the bridge you must burn feat. Bilal Salaam, seul titre accessible sur Bandcamp, laisse présumer encore à nos oreilles sirupeuses une nouvelle claquounette auditive AOC d'underground hip-hop. Ce titre cristallise à lui seul une vision jazzy breakée de hip-hop psychédélique et novateur. Une harmonie vaporeuse et bancale sert de trame de fond à ces 6m23s de doux bonheur. La voix de son acolyte New-Yorkais est comme posée sur de la soie. A la fois chantée, légèrement rappée, et complètement envoûtante, elle serpente sur un nuage magique, vous enveloppe dans son vaporeux cocon. L'auditeur que vous êtes sera comme un bébé suricate à l’affût et bercé par une mélodie bancale chaloupée qui semble ne tenir sur rien de prime abord, mais qui pourtant vous entraîne pendant 383 secondes vers le paradis.



Ce petit génie de la composition pourrait entrer au panthéon des artistes hip-hop estampillés Blue Note par exemple,tellement son talent irradie dès la première écoute. Osons-même le comparer au meilleur de la folie instrumentale de notre chouchou boulimique Madlib et de son exceptionnel « Shades of Blue », à la pureté créative de The Philadephia Experiment, et au talent de composition de The Roots.



"Ceci n'est pas une pipe" conceptualisait René Magritte, Quelle Chris devient donc une question ouverte pour cette chronique. Je vous la pose. Après écoute, comment pourrez-vous ne pas apprécier son travail ? Tout « connement » en passant à côté de son Bandcamp ! Si vous écoutez, vous serez foutu, comme on dit vulgairement chez les djeuns, et ce sera tant mieux pour vous, pour nous, pour le hip hop underground en son essence. Quelle Chris est doué, très doué, tout bonnement, et on ne peut rien y faire, si ce n'est l'écouter.

Avec Quelle Chris? Yes, we can, s'exclamera Barack au pupitre, face à coin coin et sa « Trump »!

Promis, juré, rappé, avec le prodige de Detroit vous jouez sur du velours.
A bon entendeur Goodbye...
Write you soon...
Alex.

lundi 1 février 2016

Les chroniques d'Alex: Fastback - Canard LP


Alex passe la 5è avec la découverte de Fastback, piston accélérateur de la néo french-touch à suivre de très près...avec du free download, mais pas que!

Oyez oyez persona grata du Petit Bazar Free&Legal Blogspot et bienvenue chez vous pour les retardataires. Aujourd'hui dans cette cinquième chronique, je vous demande passionnément de vous mettre dos au mur du son, de vous retourner avec Fast et fureur sur l’œuvre puissante qui va suivre. Mon colocataire, ce survolté fictif de professeur Tournesol me disait ce matin, au petit déjeuner : « FASTBACK, tu sais mon grand, quand je l'écoute, je retrouve mon audition, ton truc de djeuns, c'est comme une météorite techno¨joyeuse qui passerait à plein régime dans notre colocation, c'est pas mal, j'avoue ! ». Depuis hier, j'ai déménagé. La peur, je crois. Revenons à nos moutons, à notre chronique.



FASTBACK, musicien hexagonal du décalage, né parigot, compose parfois avec la froideur techno autrichienne, astique jusqu'à la perfection indus ses tracks technoïdes emplis d'énergie live dans le 18ème arrondissement parisien. Le météore des beats gras semble ne jamais s'arrêter, et compose à 100 à l'heure, d'avant en arrière, d'arrière en avant, mais toujours dans le respect du dancefloor. Le garçon boulimique sort de son virtual-bag son cinquième projet personnalisé à dénicher sur son Bandcamp, sans compter ses multiples remixes sur la toile.

Pour n'en citer qu'un, prenons son remix de CSS : Let's make love and listen to death from above, qui devient sous sa patte, une sorte de gloubiboulga harmonique à souhait, restructuré comme une pâte brisée délicieuse qui enflammerait la piste. Sans boule ni facette, juste posé dans votre piaule microscopique, FASTBACK à fond dans les enceintes, mon conseil pratique est de vous éloigner au maximum du mur qui vous fait face, car je mets quiconque au défi de ne pas pencher la tête d'avant en arrière comme un chevelu métaleux en transe.



Arrêtons-nous un court instant à son dernier stand, communément nommé par le maestro de la glisse : son « Canard LP ». Celui-ci est virtuellement accessible à vos tympans par le soundcloud éponyme du monsieur. Coup de bol, c'est un bijou d’éclectisme électronique et groovy. FASTBACK va vite, tabasse les riffs, fracasse les tempos pour notre plus grand plaisir d'anciens teufeurs en baggy du début du deuxième millénaire. Son son est chaud et froid à la fois, harmonique jusqu'à l'explosion, dérive avec parcimonie vers le lunaire, rappelle la puissance du rock, suinte autant le groove que la bonne vieille techno indus de la fin des années 90. Les 11 tracks de son couincouin vous aspire dans tous les styles, vont font passer d'été en hiver en un froissement de break disco et explosif.



Fonçons sur le titre « Canard » par exemple, qui est une avancée en techno inconnue. Vos bras et vos jambes bougent d'instinct, votre tête fait la balancelle sur la voix lancinante et robotique qui résonne sur les breaks et les aspirations harmoniques qui forment la trame. C'est bon signe : vous êtes vivants. Et c'est idem pour les autres tracks de l'album.

FASTBACK envoie grave la purée, le pâté, des riffs électroniques bien sentis, ça grince, ça break, ça contre-break dans tous les sens comme une rafale de mitraillette musicale, ça décanille dans les sous-sols, ça jump dans les champs, ça défouraille dans les parterres de coquelicots... Au gré des tracks, l'auditeur VOYAGE à sa guise, est transporté dans un univers parallèle taillé avec minutie.


FASTBACK réunit dans son projet l'énergie electro/break/groove de Mr Oizo et la folie rock/indus/techno de Vitalic, avec des envolées vaporeuses que ne renieraient ni Flying Lotus ni Thundercat, qu'il remixe justement au passage, et à merveille.



FASTBACK vous fait entrer chez lui, en explosant les portes de sa musique électronique, savoureusement catchy, et boostée à la testostérone. Pour une France musicale Électronique et breakée, pour une fuckin piqûre dancefloor, votez efficace, votez patate, votez FASTBACK.



A bon entendeur, salut...
Alex.