mercredi 15 février 2017

METEOR CRATES #2 by KEOR METEOR

crédit: unknow for now

"Meteor Crates" c'est un long voyage musical dans les profondeurs de la collection du plus américain des beatmakers français: Keor Meteor. Une odyssée sans fin durant laquelle les styles et les époques s'entrechoquent comme des météorites sur une planète très très lointaine, nous aspirant dans un trou noir tournant sur lui-même comme un vinyle sur ta platine. C'est beau, enivrant, à la fois dépaysant et mystérieusement rassurant car parsemé de madeleines filantes qu'on a déjà croisées au fil de nos escapades dans l'univers samplé du hip hop. Bon voyage intersidéral à tous!

Épisodes précédents

L'intervention du lieutenant Keor avait plongé l'équipage de l'Enterprise Millenium dans l'expectative. Pourtant nul n'osait un interrogatoire plus poussé. L'homme impressionnait ; son attitude renfrognée et un physique taillé dans la roche établissaient une barrière naturelle que peu parvenaient à surmonter. C'est donc un peu obnubilé par l'identité de ce mystérieux maître sampleur que je lançais la seconde sortie de la mission Meteor Crates à la recherche des poussières du diamant originel de notre chère planète H.I.P.H.O.P.!

L'étroitesse de la capsule d'écoute fait de cette expérience sonore un moment collectif unique, les cinq sens des cinq passagers se mêlant dans un spasme jubilatoire au moment du départ vers l'inconnu. Un phénomène doublement renforcé par la concentration extrême de l'appareil auditif des passagers et l'angoisse de la cire noire, qui est au chasseur de samples ce que la page blanche est à l'écrivain. Le sergent Alf tente de détendre l'atmosphère en assénant un "J'mangerais bien un petit chat" totalement décalé. Le capitaine Whosampled lui se tient sur ses gardes, le regard fixé sur les sillons stellaires qui approchent...

Tout à coup, le choc! La première étoile nous irradie les tympans alors qu'elle entre à peine dans notre champ de vision. C'est l'un d'eux. L'un des Graal. Un disque qui se négociait autrefois à plusieurs milliers de dollars pour l'original, sorti au début des années 1970 dans un Brésil au somment de son art. C'est bien Arthur Verocai, rat de studio devenu danseur étoile avec son mythe éponyme, exhumé des armoires cariocas 30 ans plus tard par la grande maison Ubiquity puis pompé à tout va par Little Borthers, MF Doom et tellement d'autres dont Curren$y ou Your Old Droog pour ce magnifique Dedicada a Ela. Tout le monde a le sourire jusqu'aux oreilles, chacun énonce un titre qui a samplé Verocai, c'est la jubilation, peut être un peu trop... On ne le savait pas encore, mais on allait se casser la tête et les dents sur les six prochaines étoiles ciblées par le lieutenant Keor depuis le vaisseau amiral. Rien. Pas un seul sample dégotté. Comme si les dieux de la musique nous punissaient d'avoir trop profité de la première étoile. Le plus étonnant est que chacun des titres semblent pulluler de ressources pour les machines à samples. On galope avec fougue, à la vitesse d'un home run, dans les vertes prairies britanniques, portés par les vents qui se transforment en chants rock de sirènes et sirois sur le Lady de Babe Ruth (auteur, doit-on le rappeler du célébrissime Mexican, usé par les djs de toute la galaxie) ou, un peu plus loin, sur les riffs de Truth and understanding des Portoricains de Bandolero. Ce sont les mêmes associations vocales qui nous font chalouper sur Bebeto, efficace comme un dribble de Socrates, puissant comme un but de Pelé, délicat comme les pleurs de Thiago Silva. Peu après, c'est le serpent - avec toutes ces bestioles qui lui passent sous le museau Alf commence vraiment à avoir les crocs - d'Augusto Martelli qui nous hypnotise...Que dire des deux dernières explorations? Des pièces folles, tendance jazz de librairie pour l'une, krautrock plastifié pour l'autre, à vous retourner le cerveau ; sensation d'ailleurs bien illustrée par les belles pochettes des LP de Basil Kirchin et Birth Control.

Beaucoup de bonheur auditif mais une pêche aux samples finalement assez décevante. Sur le chemin du retour, les images de l'errance du capitaine Whosampled à la recherche d'une boucle célèbre sur l'étoile Mind on the run, me hantent. Les singeries du gentil Alf lui passent au-dessus ; "Un bon chat est un chat frit" lance-t-il pour détendre l'atmosphère. Rien n'y fait. Whosampled, tête basse, semble dorénavant complètement abattu... pourtant dans ses yeux une lueur de colère froide nous transperce tous. A qui peut-il en vouloir?

à suivre...
Meteor Crates #2:


Tracklist #2:
(1972-Self-titled) whosampled
(1973-Amar Caballero)
(1977-Esperanças Mil)
(1971-Il dio serpente OST)
(1970-Bandolero)
(1966-Mind on the run)
(1975-Plastic People)



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